« Connais-toi toi-même »

par Sep 21, 2020Uncategorized

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux ». Cette citation célèbre, gravée sur le Temple de Delphes, est attribuée à Socrate. Elle invite chaque homme et chaque femme à un travail sur soi.

Il s’agit avant tout d’une manière de s’interroger, de se mettre en question. Une forme de souci de soi qui suppose d’observer et d’écouter, sans jugement immédiat, ce qui se joue en nous. En anglais, on parle de self-awareness, de conscience de soi. Car sentir suppose de pouvoir faire abstraction de ce qui occupe ou préoccupe et d’être connecté à soi pleinement pour identifier les informations que l’on cherche.

Et les informations sont nombreuses quand on observe l’humain dans sa globalité.

Une partie de la connaissance est liée à l’écoute du corps et de ses sensations :

-information véhiculée par nos cinq sens (extéroception),

-mouvements externes: nos déplacements, notre position, notre équilibre, nos tensions musculaires (proprioception)

-mouvements internes : rythme cardiaque, respiration, émotions, motilité intestinale, fonctionnement des organes… (interoception).

L’autre partie est au-delà du corps et consiste à observer notre manière d’agir ou de penser:

-le type d’information que nous récoltons

-la manière de prendre nos décisions,

-notre engagement social

-nos comportements face à l’inconnu, au nouveau, au changement

-notre attention, notre concentration

-notre mobilisation face aux défis à relever

-notre mise en action vers nos objectifs de vie

-…

Or, toutes ces choses, et avec elles 80% de nos pensées, décisions et actions, sont gérées par notre système nerveux autonome.  Et comme il est autonome, avoir accès à ces schémas et pouvoir les influencer nécessite une approche particulière et un entraînement de tous les instants. Car le cerveau est fainéant et préfère largement répéter un schéma connu, même s’il n’est pas optimum, voir délétère, que d’explorer de nouvelles voies. Alors souvent il résiste et changer nécessite d’avoir de l’énergie et de la motivation. Changer suppose aussi que l’on soit gêné par le fonctionnement que l’on souhaite modifier. On ne change pas pour changer. On change pour faire ou être mieux, en accord avec notre propre jugement, nos propres attentes.

La respiration comme outil privilégié

Ainsi le premier enjeu réside dans notre capacité à observer pour comprendre. Il s’agit en réalité de se connecter à soi, sans perturbations, en développant une écoute fine des sensations ou des modes opératoires récurrents. La respiration est un outil puissant quand il s’agit développer sa présence. Lorsqu’elle est consciente, elle offre l’espace-temps nécessaire pour se connecter, pour explorer, pour sentir et appréhender. Elle rend également possible l’analyse et la compréhension.

Faites l’expérience.

Arrêtez-vous quelques instants et posez votre attention sur le va-et-vient de votre respiration. Ressentez le mouvement, connectez l’air qui entre et qui sort. Puis, au bout de quelques minutes, quand vous êtes parfaitement immergés dans ce rythme, amenez votre conscience à différents endroits de votre corps. Recherchez votre rythme cardiaque, ressentez la température du corps, écoutez le sang circuler, évaluez la tension de vos muscles…

Accueillez les pensées.

Vivez les émotions qui émergent.

Notez tout ce qui est observable.

Puis revenez dans l’action quelques instants avant de vous immerger à nouveau dans votre corps. Amusez-vous à observer. Entraînez-vous.

C’est en réalisant cet exercice que je me suis aperçu que je contractais mon ventre quand je travaille sur des sujets qui m’engagent fortement – l’écriture de cet article est de ceux-là. Mes abdominaux sont alors en tension et limitent ma respiration. C’est une manière d’exprimer mon appréhension : je suis sur la retenue. Je sais que communiquer sur les réseaux sociaux m’amène en dehors de ma zone de flow – et j’ai fui l’exercice un nombre incalculable de fois !  Pourtant je suis convaincu que c’est un axe de développement pour moi. Alors je m’y résous un peu plus régulièrement, tout en avançant très prudemment. D’un côté, je prends le temps d’être aussi précis que possible pour tenter d’apporter quelque chose d’utile et en même temps, j’ai peur des critiques potentielles. Il m’a fallu du temps pour le percevoir et le comprendre. Bien plus encore pour l’accepter et en parler.

Abandonner le perfectionnisme

Il y a une forme d’honnêteté dans ce travail d’introspection. Pour être utile, l’observateur que nous sommes doit vouloir tout voir, même ce qui ne plait pas, et accepter ce qui est vu. Car accepter, au sens de ne pas juger négativement, est un préalable à la transformation – il est impossible de changer ce que l’on refoule !

En ce sens, abandonner l’idée que l’on puisse être parfait est une attitude vertueuse. D’un côté cela permet d’accepter nos zones d’ombres sans nuire à l’estime de soi. D’un autre cela force à faire de son mieux tout en restant lucide. Car si toute démarche d’optimisation de soi repose sur l’idée que nous sommes perfectibles, pour autant il est clair que la perfection ne peut être atteinte.

En réalité, ce que nous cherchons à atteindre n’est pas la version parfaite de soi, mais une version suffisamment aboutie qui correspond exactement à celui ou celle que nous voulons être.

Dans son livre unstoppable, Ben Angel parle du gap identitaire, identity gap. Il le définit comme l’écart entre celui ou celle que nous sommes et celui ou celle que nous voulons devenir pour accomplir ce que nous souhaitons. J’aime cette idée.

Elle nous place dans une dynamique d’amélioration continue et d’impermanence. Ce que je veux accomplir aujourd’hui, est bien différent de ce que je voulais il y a vingt ans, et n’aura certainement pas grand-chose à voir avec mes aspirations dans vingt ans. Et par conséquent, ce que je veux améliorer maintenant dépend des résultats que je veux atteindre dans un futur proche.  Parce que c’est ainsi que je peux le mieux exprimer ma singularité et mon unicité, et apporter ma contribution spécifique au monde.

“Be yourself, everyone else is already taken” Oscar Wilde

L’authenticité

Rechercher la meilleure version de soi. Dépasser ce qui nous empêche, comme nos croyances limitantes et nos peurs. Chacun de nous a cette possibilité de progresser. C’est ce qui rend l’humain attachant, je trouve. Faire mieux, peaufiner l’existant. Comme un artiste ou un athlète répète chaque jour les mêmes gestes à la recherche de sa meilleure performance. Le virtuose sait ce qu’il maîtrise. Il sait aussi ce qu’il doit améliorer. Il est au clair. Il n’y a pas de place pour le mensonge dans sa recherche de l’excellence.

Être authentique c’est pouvoir vivre soi pleinement.

C’est accepter ce que l’on fait bien, et accepter ce que l’on pourrait faire mieux. Les deux sont indissociables. C’est n’être qu’un, en toute circonstance.

C’est valoriser l’imperfection et la trouver belle.

Les japonais appellent cela le wabi sabi, l’art de la perfection imparfaite ou de l’imperfection parfaite. Un concept qui s’inspire de la nature et qui traduit l’idée d’être pleinement soi – rien de plus, rien de moins.

 

 

 

 

 

 

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